Lisbonne, c’est d’abord un léger parfum de désuétude, avec ses tramways qui grincent, ses cafés sombres sans âge aux improbables patrons moustachus et ses façades stylées toutes pelées et écaillées d’azulejos qui paraissent millénaires. Lisbonne, c’est aussi la ville aux mille collines, avec ses ruelles pavées sales et étroites mais qui donnent toujours sur la mer (est-ce vraiment la mer ou plutôt le Tage? ce n’est pas très clair mais on s’en fout) et qui semblent vouloir s’y jeter. Elle aime bien se mêler de tout ça, la mer, et sa brise marine souffle à travers les avenues ombragées et sèche tous ces impudiques linges multicolores qui pendent aux fenêtres et semblent crier “eh?! on vit ici, nous”.
Lisbonne, c’est surtout le bout de l’Europe. La fin d’une chose et le début d’une autre qu’on ne sait pas très bien définir. L’Afrique? L’océan? Ce mélange des deux qu’est le Brésil? Pas étonnant qu’ils aient eu la bougeotte, les Vasco de Gama et autres Magellans: quand on est ici, ce n’est pas le moment de flancher et d’arrêter, il faut sauter et se jeter dans l’inconnue, sinon ça ne sert à rien.






